Les meilleures marketplaces au Japon  

Sommaire

C’est un secret pour personne, les marketplaces au Japon, et plus généralement en Asie, ont connu un développement extraordinaire cette dernière décennie. En 2019, le marché asiatique du e-commerce représentait 57,4% du marché mondial, ce chiffre, déjà très conséquent, devrait encore augmenter et atteindre les 61% d’ici 2024. La Chine, avec une économie en plein redressement après la crise du covid-19 et un marché de presque 1,5 milliards d’habitants, s’octroie la part du lion dans le paysage du e-commerce. Pour leur part, les pays du Sud-Est asiatique disposent également d’un secteur du e-commerce florissant avec des marketplaces qui se développent à vitesse grand V. De plus, avec seulement 4,6 % de l’ensemble du commerce de détail, le e-commerce possède une marge de croissance très importante dans la région.

Les marketplace en Asie du Sud-Est

À l’échelle mondiale, le commerce électronique se compose essentiellement d’échanges entre entreprises (B2B). En Asie, cependant, c’est plus hétéroclite, le e-commerce comprend des transactions d’entreprise à consommateur (B2C) et de consommateur à consommateur (C2C).  Des places de marché en ligne comme Taobao et Tmall d’Alibaba en Chine, Rakuten et Yahoo au Japon, et Gmarket et Auction d’eBay en Corée du Sud dominent le commerce en ligne et sont devenues une source majeure de croissance économique pour le continent. Leur rôle croissant dans la facilitation de la consommation et de l’innovation fait de ces entreprises des acteurs clés de l’intégration économique régionale. En effet, ces marketplaces n’ont pas uniquement changé la façon dont les vendeurs et les consommateurs abordent la transaction de leurs biens, mais ils remettent également en question les modèles de croissance traditionnels. 

Ainsi, en Asie, l’accès généralisé à internet à permis le développement rapide du secteur du commerce électronique. Socialement, la classe moyenne à pu connaître un changement significatif de son mode de consommation. Cela a incité les politiques à lancer des projets audacieux qui visent à instaurer une économie plus « créative » dans la région. Cela aura d’ailleurs un impact significatif sur la croissance des PIB nationaux. 

À travers ce nouveau type d’économie, la création de site marketplace s’est multipliée et de nouveaux paramètres se sont mis en place. Désormais, les points de vente traditionnels sont de plus en plus concurrencés par les marchés en ligne qui peuvent offrir des prix bien plus bas pour leur marchandises car ces derniers ne nécessitent pas de magasin physique à entretenir. Par ailleurs, on constatera qu’à mesure que les marketplaces se développent, les entrepôts de stockage le font également.

Cependant, dans ce beau ciel bleu du e-commerce asiatique, il existe de nombreux obstacles à la croissance optimale de ce secteur. En effet, comme on l’a signalé précédemment, la vente en ligne dépend fortement de la connectivité numérique. Or, bien que l’infrastructure des TIC (technologies de l’information et des communications) ait proliféré dans des pays comme le Japon, la Chine, la Corée du Sud et Singapour, beaucoup d’autres Etats sont encore en train de rattraper leur retard en termes de couverture des services mobiles 3G+ ou 4G et la généralisation de smartphone et même pour certains l’accès au réseau internet. Outre les TIC, les services de transport et de livraison sont également des éléments essentiels des marketplaces. Dans quelques pays, l’urbanisation et les réseaux routiers ne sont pas encore à 100%, cela freine la croissance aussi bien des marketplace que du commerce en ligne dans la région. 

Le japon, l’exemple à suivre en matière de marketplace 

Le Japon est la troisième puissance économique mondiale et le quatrième plus grand marché du e-commerce avec plus de 128 milliards de dollars de vente en 2021 (derrière la Chine,  les États-Unis et le Royaume-Uni). L’expansion du e-commerce au Japon devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Comme l’indique le Digital Market Outlook de Statista, la croissance pour les quatre prochaines années devrait être de 6 % annuelle. Par ailleurs, signe de la popularité du e-commerce au pays des samouraïs, 74 % de la population japonaise a acheté au moins un produit en ligne en 2021, un plébiscite !

Côté catégorie d’achat, l’alimentation et les soins personnels constituent le segment le plus important au Japon avec 27 % des revenus du commerce numérique. Il est suivi par la mode (20 %), les jouets, les hobbies et le bricolage (19 %), l’électronique et les médias (19 %) et les meubles et les appareils ménagers (15 %).

Ce penchant pour l’achat en ligne de la société japonaise à permis à plusieurs entrepreneurs et visionnaires d’investir et de créer une marketplace de e-commerce. Par ailleurs, le pays étant de culture profondément conservatrice, les Japonais sont plus enclins à acheter sur des plateformes locales. Ainsi, seuls 10,2 % d’entre eux achètent auprès de vendeurs étrangers. Néanmoins les marques étrangères restent très recherchées au Japon. 

Top 4 des marketplaces au Japon

1- Rakuten

Rakuten Marketplace est une plateforme en ligne qui permet aux vendeurs tiers (entreprises et commerçants indépendants) de mettre en vente des produits neufs, d’occasion, reconditionnés et de collection. Si ce concept nous paraît aujourd’hui banal, ce n’était pas le cas au début des années 90. Dans un Japon en plein boom économique, Hiroshi Mikitani a décidé de créer sa première place de marché virtuelle au monde. A travers cette plateforme, le fondateur a voulu rendre accessible le pouvoir du numérique a un large public, signalons qu’à cette époque les opérations en ligne n’étaient réservées qu’à certains acteurs privilégiés. 

Aujourd’hui, en tant qu’acteur majeur de l’innovation, Rakuten s’applique chaque jour au développement d’un commerce qui bénéficie à tous. La plateforme permet d’être visible et de référencer ses produits sur l’un des plus gros sites marchands au monde et de toucher beaucoup plus de clients. 

Au fil des années, le groupe ne cesse d’investir pour proposer à ses partenaires et membres un écosystème transversal enrichi de 80 services et expertises de pointe. On peut citer Rakuten TV, Viber, les liseuses Kobo et bien d’autres . A travers le déploiement de centres dédiés à la recherche et au développement de technologies digitales, Rakuten anticipe les usages à venir pour faire bénéficier à ses utilisateurs les innovations les plus récentes. 

Arrivée en France il y a 10 ans avec le rachat de Priceminister, la marketplace compte aujourd’hui plus de 4 000 marchands dans l’hexagone. Parmi les principales fonctionnalités de Rakuten Marketplace, on retrouve :

  • La mise en ligne de vos produits à vendre sur le site avec un espace personnalisé.
  • La mise en avant de vos produits sur le site à travers des publicités .
  • La mise en place dun suivis de vos campagnes 

Côté tarification, Rakuten propose 4 plans de vente distincts:

  • Une offre à 0 € par mois (hors TVA) + une commission variable dès 13 % (HT)
  • Une offre à 39 € par mois (hors TVA) + une commission variable dès 11 % (HT)
  • Une offre à 199 € par mois (hors TVA) + une commission variable dès 8 % (HT)
  • Une offre à 499 € par mois (hors TVA) + une commission variable dès 5 % (HT)

Signalons que les frais de vente s’adaptent en fonction du montant de l’article vendu, ils vont de 0,15 € pour les articles inférieurs à 10 €, à 5 € pour les articles supérieurs à 400 €.

2- Zozotown

Créée en 2004 par Yusaku Maezawa, Zozotown est la plus grande marketplace japonaise de mode. Aujourd’hui, Zozotown s’est implantée dans plus de 72 pays à travers le globe. Il y a actuellement plus de 1500 marques sur le site, y compris des marques populaires telles que Beams pour les vêtements et studio CLIP pour les articles de style de vie. Outre les grandes marques, ZOZOTOWN permet aux petites marques qui ne sont pas en mesure de créer leur propre canal en ligne ou qui ne peuvent pas s’offrir un magasin physique d’atteindre des consommateurs potentiels. En ayant des marques populaires (et un large choix) en un seul endroit, les consommateurs se rassembleront naturellement au même endroit et vice versa !

Étant un pays insulaire, il est toujours difficile pour le Japon de proposer des livraisons internationales. Il est donc impératif d’utiliser des services de livraison annexe comme White Rabbit Express pour pouvoir recevoir les produits que vous avez acheté.

Les  facteurs de réussite de Zozotown et la façon dont la marque s’est démarquée des autres concurrents peuvent se résumer comme suit:

  • Facilitation et simplicité d’achat et de navigation
  • Possibilité de retourner gratuitement les produits achetés
  • Fonctionnalités innovantes appâtant le client
  • Parfaite connaissance du marché et une clientèle savamment ciblée 

Dans une récente enquête NPS (Net Promoter Score) menée par NTT Communications, Zozotown s’est classé en première position après une analyse de 11 sites de commerce électronique. L’une des principales raisons qui expliquent ce résultat est l’interface utilisateur du site. En effet,  les personnes interrogées ont cité la facilité d’utilisation et la simplicité des achats. Avec un site au design épuré et une catégorisation intuitive des produits mis en vente, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Zozotown se distingue des autres. 

Le service clientèle est également une facette dans laquelle la plateforme excelle. Ainsi, si les achats de vêtements en ligne ont toujours suscité une crainte auprès des consommateurs, surtout pour connaître la taille correcte des consommateurs, Zozotown a su contourner ce problème avec une politique de retour gratuit (uniquement pour les membres premium). Cela confirme l’étude menée par la Flagler Business School de l’université de Caroline du Nord qui a  démontré qu’il existe une corrélation entre le taux de retour des produits,  les ventes et les bénéfices. En d’autres termes, lorsque les clients savent qu’ils ont la possibilité de retourner un achat, ils sont plus enclins à acheter et à renouveler leurs achats.

Zozotown a également su innover en utilisant notamment ”WEAR”, une application SRS où les utilisateurs (dont des mannequins et des célébrités) peuvent partager les coordonnées de leurs tenues. Grâce à ce réseau social, les personnes connectées peuvent partager toutes les informations de leurs tenues, les consommateurs peuvent ainsi s’y référer et les trouver facilement. En fournissant de telles informations couplées à une large sélection de marques et de produits sur la plateforme, Zozotown a créé à la fois un site d’inspiration et d’achat pour les consommateurs.

Un autre point de succès réside dans le modèle commercial de la plateforme qui est basé sur la consignation. En effet, la vente en consignation consiste à proposer à son client de lui livrer un stock de marchandise afin que celui-ci puisse la vendre et payer uniquement lorsque les articles sont vendus. Bien que Zozotown gère de bout en bout le processus de vente des produits, du stockage à l’expédition en passant par le conditionnement, l’entreprise ne possède aucun stock (certains sites affirment que la plateforme est en train de créer une marque privée).

Ainsi, la gestion totale du processus de vente, qui permet d’ailleurs à Zozotown d’obtenir un pourcentage de commission plus élevé de la part de ses vendeurs par rapport à ses concurrents, permet également de retourner tous les invendus aux marques . De plus, en mettant l’accent sur une clientèle féminine dont l’âge varie entre 20 et 30 ans, l’entreprise réussit à parfaitement cibler ses objectifs. Même si cette concentration peut minimiser la gamme de produits proposés, cela signifie également qu’elle est plus spécifiée, minimisant ainsi les produits invendus. Aussi, avec ce modèle de consignation et sa stratégie commerciale, Zozotown ne court donc aucun risque pour ses stocks !

Le succès de Zozotown nous montre l’importance de se concentrer sur ses clients en construisant un modèle d’entreprise basé sur leurs besoins. En maximisant les avantages de l’achat de vêtements en ligne et en contournant les inconvénients, Zozotown a créé un environnement optimisé pour les acheteurs. Grâce à un modèle commercial adapté aux besoins des consommateurs et à un large choix de produits, le site a su se différencier sur le marché hyperconcurrentiel du commerce électronique.

3- Mercari 

C’est en fevrier 2013 que l’entreproneur Shinato Yamada a crée Mercari. Cet ancien stagiaire de Rakuten a décidé d’investir dans une nouvelle application mobile qui ressemblerait à un marché marché puce numérique. Choisissant le nom Mercari, qui signifie « marché » en latin, l’application a été mise en ligne au Japon en version Android et iOS en juillet 2013. Elle a connu un succès immédiat auprès du public japonais, gagnant plus de 50 000 utilisateurs et plus de 10 000 annonces dans les trois semaines suivant son lancement sur Google Play.

Juste avant que la pandémie du coronavirus ne commence à s’installer, Mercari a lancé ses premières opérations physiques au Japon, en ouvrant des points de vente à Shinjuku et Musashi-Kosugi. Ces points de vente, appelés Mercari Station, permettent aux gens de prendre des photos de leurs marchandises dans une cabine afin de publier des annonces en ligne, puis d’emballer et d’envoyer les marchandises aux vendeurs qui les déposent dans une boîte aux lettres « Mercari Post« . L’entreprise espère ainsi toucher des dizaines de millions d’utilisateurs inexploités.

Plusieurs caractéristiques ont permis à Mercari de s’implanter solidement et ont contribué à son succès précoce. Ces caractéristiques peuvent se résumer en deux grands thèmes : 

  • La simplicité d’utilisation
  • La sécurité des achats

En effet, contrairement à ses concurrents, Mercari a été conçu pour l’ère des smartphones. Les vendeurs et les acheteurs potentiels pouvaient facilement parcourir les articles à vendre ou poster les leurs. Or, la mise en vente d’un objet sur les autres sites pouvait parfois être un processus fastidieux, qui nécessitait l’utilisation d’un ordinateur plutôt que d’un appareil mobile. Avec Mercari, il suffisait désormais de prendre une photo sur son téléphone portable, de remplir une brève description sur l’application et de lancer immédiatement le processus de vente. Il ne fallait que quelques minutes pour compléter la liste.

Outre le mérite de la simplicité, les fondateurs de Mercari ont également compris que la peur de la fraude constituait un obstacle majeur pour de nombreux Japonais avant de commencer à utiliser une telle application. Après tout, si les acheteurs n’avaient qu’à appuyer sur un bouton pour faire leurs achats, quelle garantie avaient-ils que l’article arriverait effectivement et correspondrait à ce qui était annoncé ? Des lors, Mercari a résolu ce problème en gérant directement le processus d’achat. Ainsi, le paiement était retenu par la plateforme jusqu’à ce que l’acheteur confirme que l’article promis avait été livré. Ce n’est qu’alors que le paiement est libéré. De plus, le système Mercari permettait aux acheteurs de rester anonymes, ce qui était très apprécié dans un Japon soucieux de sa vie privée.

4- Qoo10

Qoo10 est une plateforme de commerce électronique basée à Singapour.  Elle dispose de sept plateformes en ligne localisées dans six pays d’Asie:  la Malaisie, Singapour, Hong Kong, la Chine, le Japon et l’Indonésie. Qoo10 est LE site de e-commerce dans la région.

Outre la vente, Qoo10 est aussi une marketplace de service permet la vente de tous les biens et services sur Internet, avec comme particularité de filtrer les articles de contrefaçon, des articles pour adultes et les articles illégaux comme les armes et les drogues. Le site propose également un certain nombre d’offres et de promotions. Côté innovation, le site permet d’acquérir des coupons, un “Q.ticket”. Cela vous donne une chance de gagner des prix et de profiter de certaines réductions.. 

Pour y effectuer des achats, le site a également misé sur la simplification. Ainsi, les acheteurs peuvent s’inscrire gratuitement et commencer à acheter des articles immédiatement. Pour les vendeurs, en revanche, le processus est un peu plus complexe. Un vendeur doit obtenir une autorisation en présentant une copie de son relevé bancaire, une carte d’identité ou un permis de travail et une carte d’emploi pour les étrangers. Signalons que pour garantir la qualité du service, chaque vendeur dispose d’un classement par étoiles afin que les acheteurs aient une idée des prestations du vendeur. 

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